Trilogy Interview, Frédéric Winckler (vice-président de JWT) :
Pour redonner un coup de jeune à la plus précieuse des pierres, JWT s'efforce de gommer le cliché diamant = cadeau d'amour. La nouvelle campagne Trilogy prône un achat plus spontané, plus impulsif. La création s'épanouit en presse magazine en se nourrissant de la relation intimiste entre le titre et sa lectrice (ou son lecteur).
27 juin 2006 (16:40)
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Magazines : Comment est née Trilogy ?

Frédéric Winckler : Notre travail est de réinventer sans cesse le marché du diamant afin de stimuler le désir des consommateurs. Nous n’essayons pas de mettre en avant une marque plus qu’une autre : nous travaillons sur le diamant brut. En fonction du type de diamant en stock, nous créons un concept-produit, lui donnons un nom et travaillons avec des designers qui lui donnent corps à travers différentes réalisations. Tous les designers peuvent reprendre le concept de Trilogy et passer des créations les plus folles aux plus sages. JWT assure également tout ce qui permet de le lancer et de le faire vivre : la formation des vendeurs, la mise en place des programmes sur le lieu de vente et la communication. Nous travaillons avec de nombreux créateurs pour les visuels, que chacun (fabricant, distributeur …) peut alors s’approprier. Sont ainsi nés, le pendentif solitaire sur un fil de pêche, le bracelet tennis en diamant … et Trilogy, un bijou à trois diamants qui a été créé en 1999. Car depuis une dizaine d’années, nous travaillons sur des concepts produits plus larges que la bague. Réinventer ce marché passe aussi par montrer la variété de l’offre…

Depuis la précédente campagne, vous osez également parler de prix !

Nous donnons des repères de prix, car le bijou diamant est moins cher qu’on ne l’imagine. Les Françaises, notamment, connaissant mal cette pierre précieuse ; elles n’envisagent pas qu’elle puisse être abordable. Elles pensent donc qu’elles ne peuvent pas se permettre de demander un diamant.

D’où cette nouvelle campagne : ” waiting “, avec cette femme qui n’a pas envie d’attendre

Oui, car nous voulons également sortir des rituels très codés. Dans l’imaginaire de la cible, le diamant reste un cadeau d’amour, mais, entre les fiançailles et l’anniversaire de mariage, c’est le grand désert. Nous voulons estomper cette idée de cadeau trop engageant. Dans cette nouvelle campagne nous nous faisons ainsi le porte-parole de la femme ; nous exprimons son souhait. En fait, peu de femmes ne veulent pas de diamants, c’est même un des rares produits à pouvoir revendiquer ce statut. Mais elles attendent qu’on leur offre. La campagne exprime leur attente. Le fait de le dire en anglais donne une touche d’humour et de légèreté.”Mais pourquoi attendre demain”, complète ainsi la signature des premières campagnes, “Un diamant pour hier, aujourd’hui et demain”.

Comment se porte la marché français du diamant ?

En France, le marché est encore peu développé par rapport au Japon, aux Etats-Unis ou à l’Italie. Nous sommes donc dans une phase de conquête. La cible française est, en matière de diamant, moins éduquée que dans d’autres pays.

Pourquoi la presse magazine ?

La presse magazine représente un média plus intime. Elle établit un rapport intimiste entre le titre et ses lectrices. Nous cherchons un écrin crédible, mode, sans être ultra-luxe.