Médias, votre public n’est plus dans la salle, par Marie Laure Sauty de Chalon. Discutez avec l’auteur !
Ce livre est spontané, tendre et politiquement correct, aux éditions Nouveaux Débats Publics.
16 novembre 2007 (12:49)
livre mediasvotrepublic

Spontané, car on sent bien que l’auteur qui vit au cœur  des médias depuis qu’elle est entrée dans le business, n’a pas eu à chercher son contenu ni à peaufiner sa structure de discours,  elle dit ce qu’elle pense. Naturellement. Tendre, car sa critique acerbe parfois sur les médias traditionnels,  laisse paraître une certaine passion à leur égard, elle dit ce qu’elle a sur le cœur. Pour les aider aussi. Politiquement correct, son discours tient du constat du marché,  se veut une alerte aux fabricants de médias, mais flirte avec la pensée unique sur la montée du numérique, ses dangers et ses aspirations. Elle dit ce qu’on attend de la Présidente de l’agence -médias emblématique de ces 20 dernières années sur la formidable évolution numérique qu’elle veut faire franchir avec succès à ses clients comme à ses élèves des Sciences Po. Vous ne serez pas déstabilisé(e ), mais vous serez intéressé(e ) ; le livre se lit facilement.

« 1980- 2005. L’euphorie Médiatique » retrace de ses  postes d’observation successifs,  l’histoire publicitaire des médias sur un  quart de siècle, la fascination pour le rôle moteur de la presse quotidienne, la montée en puissance de la TV et finalement la remise en cause du système par  la toile. Remise en cause définitive qui impacte la façon dont l’auteur souhaite que ses clients ou futurs clients prennent la pleine mesure.

« Médias, l’heure des bilans » nourrit cette idée de la difficulté des médias traditionnels à  faire évoluer leur propre modèle économique et embrasser le numérique (expression significative : « la lente marche forcée des médias classiques »).  L’auteur est volontiers « pure player minded »,   mais salue les initiatives des quotidiens tout en se demandant si cela suffira à les maintenir à flot,  montre l’évolution naturelle de la radio vers le numérique et la convergence. La télévision a droit à une analyse de son modèle grand public : la technologie la bouscule mais son coté fédérateur instantané a un vrai rôle social.

« La Net Influence » montre comment la toile modifie complètement les rapports de chacun, journaliste, éditeur, ou simple lecteur avec l’information non plus seulement dispensée par des professionnels, mais vécue et relatée simultanément par tous.

« Publicité, la métamorphose » enfin est l’occasion de pointer quelques questions de métiers : le rôle des agences, la construction tarifaire de la publicité,  le cross médias et la comparaison du poids des contacts,…, encore et  toujours la montée du numérique dans les architectures de communications. In fine, le plaidoyer pro domo toujours risqué dans ce genre d’exercice littéraire n’est pas pesant mais assez élégant.

Prospectives, les dernières pages n’ont rien à renier à Farenheit 451.