Le Billet de Françoise Vidal “La vérité vraie”
A force, cela finit par créer une tendance ! On s’était déjà dit qu’il se passait quelque chose au royaume de la beauté sur papier glacé lorsque huit stars avaient accepté de poser sans fard ni retouche pour le magazine “Elle”, devant l’objectif de Peter Lindberg (n°daté 11 avril 2009)
11 mars 2010 (18:32)
elle

On avait alors salué le coup média et rendu hommage au courage de Monica Belluci, Sophie Marceau, Charlotte Rampling, Chiara Mastroiani, Anne Parillaud, Karin Viard, Inès de la Fressange et Eva Herzigova pour avoir renoncé au coup de baguette du magicien Photoshop.

La sortie récente de la campagne Variance, avec ses « Instants d’émotion » capturés au Polaroïd, nous avait à nouveau sensibilisé sur ce mouvement beauté-vérité qui était plutôt resté lettre morte dans la pub, depuis les campagnes Dove (en 2004  pour la crème amincissante ; en 2005 « Pour toutes les beautés du monde »).

 

Mais quand Marie Claire sort un numéro (avril 2010), dont les pages rédactionnelles sont 100 % sans retouches, montrant célébrités et anonymes telles qu’on peut les rencontrer dans la vraie vie, il faut se rendre à l’évidence : la vérité, la transparence, sont des valeurs montantes.

Par cette opération, Marie Claire « a souhaité démontrer que le magazine n’offrait pas une image réductrice d’une beauté unique et d’une jeunesse éternelle à ses lectrices », explique Christine Leiritz, sa Directrice de la rédaction.  

C’est un virage subtil, mais la presse féminine qui, depuis deux ans, multiplie aussi les dossiers sur les rondes avec un succès certain, est en train d’évoluer, offrant l’image projective d’une femme plus plurielle et plus véridique. Cela fait d’autant plus de bien, qu’il s’agit d’une famille de presse majeure, qui influence des générations de femmes. Ainsi, selon la dernière enquête AEPM, 53, 7 % des femmes de 15 ans et plus ont  lu un magazine féminin, en LDP.   

Parce qu’elle assume sa part de  frivolité, la presse féminine est parfois en butte aux critiques. C’est oublier un peu vite qu’elle est irremplaçable pour accompagner, soutenir, générer les évolutions sociétales (cf. l’excellent livre déjà ancien de Vincent Soulier : « La Presse féminine : la puissance frivole »).

Ses lectrices le savent bien (et ses 31,7 % de lecteurs en moyenne aussi), la presse féminine alimente le débat sur tous les sujets majeurs de la vie : l’éducation, la société, le monde… Elle décrypte, explique, commente, se réjouit d’une avancée, s’indigne de la remise en cause d’un droit acquis sans jamais lâcher son bâton de pèlerin… Et il est symptomatique que les nouveaux féminins mode-people comme Grazia et Envy essaient de conquérir leur public en mettant aussi en avant leurs sujets de société.  La vérité nue est de plus en plus dans la presse féminine !