Gérard Noël (UDA) :
Membre du comité de direction et vice-président de l'OJD, le vice-président directeur général de l'UDA tire un satisfecit de l'évolution de l'instance tripartite, ces dernières années, et donne son avis sur les aménagements en cours.
26 juin 2006 (19:13)

Magazines : que pensez-vous de la façon dont a évolué l’OJD ?

Gérard Noël : Des améliorations significatives ont été apportées dans la mesure de la diffusion de la presse, ces dernières années. Elles répondent pour la plupart aux attentes exprimées par le “Livre blanc” du CRTM en 2002 (le CRTM est le GIE qui réunit l’UDA et les agences médias).

Lesquelles ?

Un contrôle annuel obligatoire pour tous les titres de l’association, une différence très claire établie entre diffusion individuelle et ventes par tiers, un contrôle par édition pour la PQR, la création d’un contrôle par jour nommé pour la presse quotidienne (monté sur la base d’un volontariat), des données récentes pour les nouveaux titres qui peuvent maintenant faire une déclaration sur l’honneur dans un délai très bref et, globalement une amélioration de la fréquence des DSH, deux fois par an et plus tôt dans l’année.

Que manque-t-il par rapport au “Livre blanc” ?

Une seule demande des annonceurs et des agences média n’a pas été satisfaite : la revendication d’informations sur la répartition régionale de la diffusion. La plupart des éditeurs fournissent cette information que l’on peut retrouver dans leur PV, mais l’OJD ne la contrôle pas, sauf quand le supplément est lui-même régional. Les annonceurs souhaitent également des données de diffusion au niveau local pour la presse régionale.

Si vous deviez brosser un bilan sur les dix dernières années ?

L’OJD a fait de spectaculaires progrès en termes de fiabilité, de fraîcheur et de fréquence des données. L’association a su également progresser en termes de périmètre couvert, devenant très active sur Internet, contrôlant les magazines de marques, les journaux gratuits… De plus, elle a considérablement modernisé ses méthodes de travail. Elle a notamment mené à bien le chantier de l’informatisation, qui a demandé un investissement très substantiel mais permet désormais, pour les clients, un accès direct plus rapide, plus facile, via la base de données Internet. Elle a aussi franchi un premier pas vers une meilleure communication en reprenant le nom OJD et en modernisant son logo. Aujourd’hui, elle gagnerait à être encore plus visible, mieux connue, à expliquer comment elle fonctionne. Cette action de pédagogie lui ferait encore gagner de la légitimité et des initiatives seront prises dans ce sens.

Pour autant, reste-t-il des dossiers délicats ?

Non, les grosses faiblesses ont été corrigées par les décisions que j’évoquais précédemment. Nous ne sommes plus dans le changement des règles mais dans l’affinement. Aujourd’hui, nous travaillons pour améliorer encore l’appréhension des ventes par tiers, des ventes individuelles, de la diffusion payée, non payée … C’est important pour un certain nombre d’éditeurs, et bien sûr pour les utilisateurs.

Quelles sont les autres pistes de réflexion ?

Le comité de direction travaille sur une réforme des statuts de l’OJD, mais celle-ci n’est pas encore aboutie. Nous réfléchissons à comment moderniser et améliorer le fonctionnement de l’OJD au niveau de ses instances et de ses processus de décisions. Par exemple, nous travaillons sur la représentation que doivent avoir annonceurs, agences médias, éditeurs et régies dans ces différentes instances et avec quels quotas de représentation.

En la matière que désirent les annonceurs ?

Notre souci, et celui des agences médias, est que les utilisateurs puissent prendre une part effective aux décisions concernant les évolutions des mesures de diffusion ou d’audience comme c’est le cas par exemple chez Médiamétrie et dans une certaine mesure à Affimétrie et plus récemment dans Audipresse. La légitimité de l’outil OJD repose sur cet équilibre.

Vous ne semblez pas, a priori, très favorable au projet de simplification du procès-verbal qui consisterait à classer de la même manière les ventes par tiers, qu’elles soient ou non soumises à des quotas ?

Les annonceurs et les agences médias estiment que la simplification du procès-verbal ne doit pas se faire au détriment de la lisibilité des différentes formes de diffusion. Nous ne souhaitons donc pas aller trop loin dans le regroupement de catégories finalement assez différentes.