
« Etre présent au démarrage de l’iPad, c’est être en cohérence avec notre signature de marque « Créative technologie », explique Philippe Boutron. Depuis son lancement, en février 2009, tous nos actes, en publicité, en marketing, en promotion, en édition… tentent de nourrir cette signature de marque et nous souhaitons conserver un temps d’avance. Nous avons réalisé des cataloques produit utilisant la réalité augmentée il a deux ans déjà, nous avons inauguré le format publicitaire de la Vidéo in Print dans Enjeux les Echos pour la DS3, nous avons lancé son appli iPhone en mars dernier … Et nous avons profité du lancement de l’iPad pour continuer à démontrer notre innovation !»
Philippe Boutron se défend d’avoir voulu faire un coup média. « L’iPad s’inscrit clairement dans une stratégie marketing efficace, et dans la durée. Ce n’est probablement pas sur cet outil que nous allons mesurer immédiatement le nombre de clients venus dans les concessions et les ventes de véhicules durant le week-end !, reconnaît-il, mais il fallait y être pour construire une courbe d’expérience car cela marchera un jour. Nous acceptons le risque d’être précurseur, mais pour quelque chose de cohérent qui s’inscrit dans notre stratégie et nourrit notre image. Nous l’avons fait dans de bonnes conditions, sur une application éditoriale du Figaro qui offre plus de possibilités qu’une simple liseuse et nous avons mené l’expérience avec deux acteurs différents de nous, l’un étant dans les services bancaires (BNP Paribas), l’autre, dans la technologie (Orange).
Preuve que cette stratégie n’est pas un coup, Citroën va plus loin en lançant sa propre application sur l’App store montée autour d’un configurateur de véhicule (l’application permettant de configurer la DS3 et de demander une brochure ou un essai en sélectionnant son point de vente).
Condition sine qua non : des contenus exclusifs
Quand on l’interroge sur ce que la presse peut espérer des tablettes, Philippe Boutron est circonspect. « Les éditeurs voient dans les tablettes un moyen de redonner de la valeur intrinsèque à leurs contenus et donc de les monétiser. Mais il semble difficile de faire payer une information quand on la trouve gratuitement ailleurs. Or, les agrégateurs, les chaînes d’informations, les sites Internet… délivrent tous de l’information gratuite. Malgré les déclarations, peu nombreux sont les journaux qui sont arrivés à fidéliser une clientèle sur l’achat de contenus. Et quand tel est le cas, on ne sait pas si le modèle économique tient la route. Le « corridor de réussite économique sur l’iPad lui paraît donc « très étroit d’autant que, dans un premier temps, la publicité n’aura pas un volume suffisant pour faire vivre le système ». Pour monétiser leurs informations, les éditeurs devront tabler sur « des contenus rares et exclusifs, ce qui est probablement plus facile dans des univers très spécialisés, voire professionnels, que dans le grand public ».
Les trois points forts de la presse
En attendant que l’on connaisse l’évolution des usages sur la lecture numérique, le Responsable Médias France de Citröen réaffirme sa confiance dans le papier. Pour lui, « la presse peut s’appuyer sur trois points forts :
Et de conclure : « La Presse a encore de beaux jours devant elle si elle sort des journaux et magazines innovants ». Preuve en est : « Grazia , qui a su trouver son public en insufflant un ton nouveau dans la presse féminine ».