
« Les éditeurs ont démarré très vite sur les tablettes, créant leur application iPad. C’est un sujet qui intéresse tous nos annonceurs », commente Jean Minost. Est-ce que pour autant ce sera la révolution tant attendue par les éditeurs en termes de renouvellement de l’audience et de valorisation des contenus ? « C’est possible ! Mais cela ne se fera pas rapidement, prédit-il. Dans l’immédiat l’appareil est cher et comme pour toutes les nouvelles technologies, cela va nécessiter du temps avant que l’audience n’atteigne une masse critique. Le téléphone mobile a déjà une quinzaine d’années d’existence !
Mais si Jean Minost prévoit dans un premier temps « un transfert d’audience sur l’iPad de ceux qui étaient déjà abonnés à la presse sur le web et qui vont y gagner un vrai confort de lecture », il est aussi persuadé que les tablettes sont très intéressantes en termes de création publicitaire. « Car la publicité, pour peu qu’elle soit bien faite, va pouvoir s’y insérer harmonieusement, de façon naturelle et dynamique et avec des formats valorisants ». Et il n’hésite pas à déclarer que la créativité est un enjeu d’autant plus majeur pour les agences que sur le web, les bannières, les pop-up… se sont avérés décevants en termes de création, rappelant qu’ils sont délaissés par les Internautes qu’ils ont tendance à agacer, d’où leur prix dévalorisé.
Les applications créées par la presse sont très intéressantes car derrière il y a une marque média, ajoute-t-il. Une marque média qui sert de caution et qui s’adresse à une cible identifiée (car on disposera des études sur son profil).
Les applications créées par la presse sont très intéressantes car derrière il y a une marque média
Les premiers annonceurs présents dès la sortie de l’iPad, l’ont fait pour bénéficier d’un effet de modernité, d’un ancrage dans le futur, pour montrer leur foi en l’avenir et dans l’utilisation des nouvelles technologies, précise-t-il. Bien sûr, aujourd’hui on ne raisonne pas en termes de coûts GRP mais les tablettes rentreront à moment donné dans le R.O.I. à condition de bien évaluer qui regarde, qui lit, qui se connecte ; toutes ces informations servant à créer des bases de données.
Pour autant, des interrogations demeurent : selon quel business model la presse va-t-elle lancer ses applications ? Avec quelle fréquence ? Pour Jean Minost, « créer une application qui ne soit qu’un PDF numérique, va s’avérer décevant », mais personne n’est aujourd’hui capable de dire quel sera le business model d’une version enrichie. Ni à quel prix, la presse pourrait la commercialiser (il pense ce sera à un tarif inférieur à celui du papier). On ne sait pas non plus prédire quelle sera la part de la publicité dans le financement …
17/06/10