
Lancée le jour de la sortie de l’iPad, l’appli Geomagn°1 permet de feuilleter le magazine en avant-première (le 28 mai est sorti le numéro mis en kiosque le 2 juin). « Il s’agit d’une version PDF enrichie », explique Eric Meyer, rédacteur en chef de Geo. On peut le feuilleter comme un PDF numérique et comme il affiche en pied l’ensemble des pages, on peut aller directement sur une page donnée. En touchant le texte on peut également entrer dans un format autre que celui de la maquette, avec le confort de lecture d’un livre. Geo a aussi rajouté une visionneuse photo haute définition (avec un système de reconnaissance vocal utilisable quand il n’y a pas trop de bruits environnants). Figurée par une mappemonde avec des entrées par pays, elle permet une navigation interactive, donnant accès à quelques 4 000 des 700 000 photos de la communauté de Geo.fr, légendées par la rédaction de Geo.fr.
Dans l’immédiat, cette application iPad est sans contenu adhoc, utilisant à la fois les ressources du magazine et celles du site. Et en attendant de savoir qu’elle sera l’évolution du parc, Geo a prévu de fonctionner sur ce modèle, jusqu’en septembre. L’idée est bien sûr d’intégrer des contenus plus profonds, ce qui pourrait passer par la refonte du chemin de fer, l’ajout de vidéos, de diaporamas… et ouvre, du coup, une double problématique : celle de la production éditoriale et celle des évolutions techniques.
Jusqu’ici, comme il fallait avancer vite, le développement de l’application a été initié et développé par PrismaLabs, le laboratoire technologique de Prisma Presse, dirigé par Franck Barlemont, qui s’en est occupé avec la direction Internet (Laurent Grolee) et la rédaction en chef du magazine (Eric Meyer). Mais n’étant ni de l’Internet, ni du magazine, l’iPad s’inscrit dans une organisation qui est encore en cours de discussion et qui sera certainement impactée par les usages.
Geo travaillant beaucoup avec des collaborations extérieures, ce n’est pas la matière qui va manquer et le magazine ne va pas être obligé d’investir fortement en formation pour disposer de matériel multimédia. Pour autant, « aujourd’hui, il s’agit de trouver les bonnes idées, explique Eric Meyer. On a bien vu qu’on pouvait mettre 10 photos derrière celle qui a été publiée dans le magazine et avoir la vidéo qui type qui parle, pourquoi pas ! Mais est-il intéressant ? Il va falloir mettre en place un circuit de création éditoriale et de validation de la copie », soutient-il. Quand on lui rétorque que le net n’a pas toujours ces exigences, Eric Meyer rappelle que l’on pardonne beaucoup plus de choses lorsque les contenus sont gratuits. Or, l’iPad c’est la possibilité d’habituer le consommateur à payer et cela met la barre un peu plus haut. On n’y acceptera pas des contenus moyens, des vidéos faites par un quidam en deux minutes, les fautes d’orthographe et les fausses infos qui circulent parfois sur le web !» Et cela induit forcément des coûts.
Le numéro 2 de l’appli de Géo va intégrer de la pub et jusqu’au numéro 3, le lecteur aura la possibilité de lire le magazine dans son intégralité. L’appli est vendue 4,99 euros. On ne sait pas encore s’il y aura des offres couplées.