Louis de Rostolan :
Le Directeur général de Relais H snc, explique le rôle dévolu au diffuseur de presse dans le projet Hdsdigital.
20 juillet 2006 (17:48)

Magazines : le point de vente de presse numérique aura-t-il une présence physique dans les points de vente de la presse magazine, sous forme par exemple de borne interactive ?

Louis de Rostolan : Vous auriez posé la question quelques années auparavant, la réponse aurait sans doute été positive. Mais aujourd’hui, feuilleter un magazine numérique nécessite un certain temps et tous les clients les plus aptes à utiliser ce nouveau moyen de lire son magazine sont déjà équipés de micro et de connexion ADSL. Avoir une présence physique de ce service dans le point de vente ne permettrait pas une compréhension immédiate du système, leur ferait perdre du temps, sans parler que cela encombrerait encore plus un espace déjà très encombré ! En revanche, on pourrait envisager de trouver des bornes dans des lieux comme les bibliothèques. A partir du moment où il y a un ordinateur et une ligne ADSL, l’offre de téléchargement sera en effet accessible de n’importe où. Et si l’ordinateur est équipé d’une carte d’opérateur de type Orange, on peut sans aucune connexion avoir accès à une ligne de 2 Méga.

Quelle diffusion les éditeurs peuvent-ils en attendre ?

L.de R. : Dans quelques années, une consommation de l’ordre de 10 % si l’on se réfère à ce qui se passe aux Etats-Unis sur les titres s’adressant aux early adopters de 15-25 ans. Mais tout dépend des titres. Certains magazines spécialisés dans la micro-informatique et dont l’objet est plus proche du digital, peuvent espérer davantage ; en revanche, cela ne devrait pas représenter plus de 2 à 3 % de la diffusion des magazines pour les seniors dans les 10 ans à venir, quoique de plus en plus de retraités se convertissent à Internet. Donc en moyenne, entre 5 et 20 % selon les titres.

Qu’apporte Relay dans cette opération?

L.de R. : La notoriété de la marque et l’expérience. Dans l’esprit du public, Relay est un point de vente de presse. Il faut dire que la visibilité de la presse dans nos points de vente est maximale, puisque 50 à 70 % de la surface disponible sont consacrés à la presse magazine et quotidienne ! Donc, quand on pense presse on pense Relay et maison de la presse.

Quid de l’expérience ?

L. de R. : Nous avons l’habitude d’organiser le merchandising de nos points de vente d’une certaine façon, en mettant en place les magazines par familles. Cette expérience sert pour l’organisation du site, avec bien évidemment l’appui de Virginmega.fr, car les codes et l’organisation d’un site digital sont bien spécifiques. Les deux enseignes apportent donc chacune leur savoir-faire à Hdsdigital dans ce projet.

Cette plateforme doit ouvrir dans quelques semaines, combien y aura-t-il de titres ?

L. de R. : L’ambition de Hdsdigital est de proposer à ses enseignes partenaires une gamme représentative d’une centaine de titres durant les premiers mois avant d’élargir le catalogue.

Qu’est-ce que cela représente par rapport à un point de vente physique ?

L. de R. : Un point de vente propose entre 800 à 4000 magazines, avec une moyenne se situant autour de 1500 titres.

Ce point de vente numérique aura-t-il au démarrage tous les titres d’Hachette Filipacchi Médias ?

L. de R. : L’ensemble du catalogue de titres de Hdsdigital sera reprise sur notre site. Tous les accords ne sont pas encore finalisés, mais Hachette Filipacchi ainsi que plusieurs autres groupes de presse seront présents, avec des gammes plus ou moins larges en fonction des groupes.

Les marchands de journaux doivent s’inquiéter ?

L. de R. : Il n’y a pas de raison d’être inquiets, car la presse papier doit nourrir la presse digitale et vice-versa. En tant que diffuseur de presse, je pense personnellement, que le téléchargement de presse va plutôt mordre sur les abonnements que sur les ventes au numéro. Il s’adapte aussi parfaitement à d’autres types de produits éditoriaux : guides, collections de livres pratiques, fiches de cuisine ?