OJD : comment lire les 18 colonnes du PV
Un procès-verbal OJD comprend dix-huit colonnes, réparties en trois grandes sections : le tirage (colonne 3), les diffusions payées (colonnes 4 à 14) dont la diffusion France Payée qui est l’indicateur retenu par le marché publicitaire, et la diffusion non payée (colonnes 15 à 17). La ventilation des différentes colonnes du PV de l’OJD aboutit à la diffusion totale France + étranger (colonne 18), qui est toujours inférieure au tirage.

Le tirage

C’est le tirage utile par numéro, à savoir, mois par mois, le nombre exact d’exemplaires terminés et facturés par l’imprimeur ou le brocheur (donc hors exemplaires abîmés). Un total annuel permet également d’établir une moyenne mensuelle lissant les effets de saisonnalité.

A noter : la passe au numéro, que l’OJD examine dans ses recoupements, est prise en compte, selon la norme NMPP, à hauteur de 4 pour 1000.

Les diffusions payées

Elles se décomposent entre abonnements (colonnes 4 à 6), ventes au numéro (colonnes 7 à 9) et ventes par portage (colonne 10). Pour chacune de ces composantes, le procès-verbal de l’OJD établit une ventilation entre les achats individuels (payés par le destinataire final ) et les achats par tiers en nombre.

Les abonnements. Pour être pris en compte dans l’OJD, l’abonnement payé individuel ne peut être commercialisé à un tarif inférieur à 50% du tarif d’abonnement de la publication figurant dans l’ours. L’éditeur doit être à même de fournir les états de service du gestionnaire d’abonnement, les factures du routeur, de l’affranchissement…

Par ailleurs, il est aussi amené à prouver que la prime est conforme au règles fixées par l’OJD. En cas de vente jumelée, le titre se doit de commercialiser l’objet proposé seul. De plus, ” la valeur de l’abonnement mise en avant dans l’offre doit alors représenter 8O % du prix de l’abonnement référent “, précise Philippe Menat, directeur pour les abonnements du Nouvel Observateur.

Résultat : un titre qui serait tenté de faire du dumping avec une prime trop importante ou une baisse de l’abonnement trop spectaculaire à plus de 50% verrait sa diffusion déclassée en diffusion gratuite. Ce qui explique que s’il n’y a pas de diffusion gratuite dans les colonnes comptabilisant la diffusion payante, on peut toutefois trouver de la diffusion en partie payante, dans les colonnes réservées à la diffusion gratuite !

Comme tout ce qui est vente par tiers, les abonnements payés par tiers en nombre par des personnes physiques ou morales (entreprise, syndicat, association…) font l’objet d’une attention particulière. S’il y a dépendance entre la publication et l’entité qui souscrit les abonnements (filiale, régie …) leur nombre est limité à 5 % des abonnés individuels + portage payé sur l’année. Là encore, le prix proposé ne peut être inférieur à 50% du prix inscrit dans la publication. *

Enfin, la colonne 6, celle du total des abonnements ne prend en compte ces derniers que s’ils sont servis consécutivement au même destinataire sur une certaine durée ( deux mois pour les hebdos et les bimensuels, trois mois pour les mensuels, six mois pour les bimestriels et les trimestriels). Si tel n’est pas le cas, ils sont reclassés dans les ventes au numéro.

Les ventes au numéro. Elles concernent les ventes des messageries (NMPP ou MLP), les ventes caisse plus quelques opérations individuelles (ventes sur salons par exemple), toujours à 50% et plus du prix facial.

A noter : les ventes par tiers restent un sujet à l’ordre du jour. Parfois considérées comme inflationnistes, elles sont de deux sortes, selon qu’elles sont soumises ou non à des quotas. Les numéros distribués dans les hôtels font partie de la première catégorie : ils ne doivent pas dépasser 20% du total diffusion individuelle”, explique Patrick Bartement, Dg de l’OJD. En revanche, depuis 1986, ce qui est transporté (avion …), n’est pas soumis à des quotas. Ce point fait l’objet actuellement de discussions au sein de l’association pour déterminer une éventuelle évolution de ces quotas.

Les ventes par portage. Il s’agit des exemplaires diffusés de manière nominative portés au domicile du destinataires par les autres moyens que la poste. Cette prestation étant souvent externalisée, l’OJD réclame les états statistiques de gestion du portage, les contrats et les factures des prestataires, les déclarations URSSAF des vendeurs colporteurs de presse…

La diffusion différée payante. Elle concerne les ventes sur numéro antérieur (ventes caisse, ventes sur invendus, via des soldeurs préalablement contrôlés par l’OJD …). Elles sont prises en compte si elles s’inscrivent dans un laps de temps (un mois maximum pour un hebdo, six mois pour un mensuel…), avec toujours la limite du prix de vente à 50%. Elles ne peuvent pas dépasser 10% de la diffusion individuelle annuelle (colonnes 4 et 7).

Les diffusions gratuites

(colonnes 15 à 17) L’OJD encadre la comptabilité des exemplaires gratuits, ne prenant pas en compte les justificatifs et les exemplaires destinés à la prospection publicitaire, la diffusion auprès de l’éditeur et des services de presse ainsi que les services promotionnels adressés à des personnes qui n’en ont pas fait la demande.

” Il y a une vie entre le tirage et la diffusion OJD” commente Patrick Bartement, rappelant que les exemplaires gratuits ne sont pas tous OJD. Ils sont tirés mais intégrés à l’OJD “, insiste-t-il. Toutefois, on contrôle une vraie diffusion non payée, celle des services demandés individuellement (colonne 16). Entre par exemple dans ce cadre : un préfet qui veut recevoir régulièrement un news ou un abonnement découverte gratuit si l’éditeur apporte la preuve qu’il a été spécifiquement demandé. On y trouve également les exemplaires initialement servis à des abonnés payants dont les règlements n’ont pas été honorés.